France: En Turquie, un remaniement à la Justice et à l’Intérieur suscite la polémique

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La nomination, mardi 10 février, d’un nouveau ministre de la Justice et d’un nouveau ministre de l’Intérieur par le président turc Recep Tayyip Erdogan suscite de vives réactions dans l’opposition, qui y voit un signal politique fort.

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Avec notre correspondant à Ankara, Anne Andlauer

En Turquie, ces nominations sont jugées très symboliques. Le président Recep Tayyip Erdogan a choisi comme nouveau ministre de la Justice le procureur général d’Istanbul, Akin Gürlek, une figure centrale des procès menés ces dernières années contre les opposants au pouvoir, notamment le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu. La nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur provoque, elle aussi, la polémique dans les rangs de l’opposition.

Même si, dans le système politique turc, les ministres disposant de peu de marge de manœuvre face au président, ces choix sont perçus comme révélateurs des intentions de Recep Tayyip Erdogan et de la nature de son régime.

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Akin Gürlek, au cœur des poursuites contre l’opposition

Jusqu’à sa nomination, Akin Gürlek occupait le poste de procureur général d’Istanbul. Il a joué un rôle clé dans les principaux dossiers judiciaires visant l’opposition, en particulier dans l’enquête pour « corruption » ayant conduit à l’arrestation d’Ekrem Imamoglu.

Élu du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), et rival déclaré de Recep Tayyip Erdogan à la prochaine élection présidentielle, le maire d’Istanbul est incarcéré depuis près d’un an, comme une quinzaine d’autres maires issus du CHP. Son arrestation était intervenue quelques jours avant sa désignation comme candidat potentiel du parti, déclenchant les plus importantes manifestations qu’était connue la Turquie depuis plus de dix ans.

Le dirigeant du CHP, Ozgur Ozel, a été le premier à réagir, accusant le chef de l’État d’avoir voulu « récompenser » le procureur Akin Gürlek en le nommant ministre.

Pour l’opposition, ce choix symbolise une mainmise désormais totale du pouvoir sur la justice et annonce de nouvelles opérations judiciaires. « Le nouveau ministre prend la tête du Conseil des juges et procureurs. C’est lui qui va nommer les magistrats », a déclaré Ozgur Ozel. « Erdogan appellera ça « l’État de droit », prétendant qu’il s’agit du jeu démocratique. Laissez-moi leur dire une chose : puisse votre tyrannie grandir, pour que votre fin se rapproche ! Aucune attaque ne pourra intimider le CHP », a-t-il ajouté.

Un ministre de l’Intérieur également contesté

Dans le même temps, le portefeuille de l’Intérieur a été confié à Mustafa Ciftci, ancien préfet et diplômé en théologie. Cette nomination suscite elle aussi des critiques, l’opposition rappelant plusieurs gestes polémiques qu’il a faits ces dernières années contre la mémoire de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République laïque de Turquie.

Ces deux choix, simultanés, renforcent les inquiétudes de l’opposition, alors que les poursuites visant des élus et cadres du CHP se multiplient ces derniers mois.

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